Madeleine,
un soir d'automne 1927

Paris, un soir d'automne 1925. Madeleine ne regarde personne. Son regard glisse au-delà du cadre, suspendu dans un espace indéfinissable où les heures n'ont plus tout à fait la même valeur.Autour d'elle, la fureur des Années Folles bat son plein, mais la fête semble se dérouler derrière une vitrine épaisse. Son bandeau de soie, sa fleur travaillée et le poids familier de ses rangs de perles sont les seuls ancrages qui la retiennent au présent. Ni tout à fait triste, ni vraiment heureuse, elle habite ce territoire flou de l'absence à soi-même. Un souvenir vient de traverser sa mémoire — ou peut-être est-ce la prescience d'un temps qui passe trop vite. Dans le silence de cette tombée de nuit, Madeleine s'égare doucement, magnifique et mélancolique, étrangère au monde qui l'entoure.
